Poursuivre le développement de la FFE, rassembler les clubs.

D’habitude, je réserve ma rédaction à des articles « politiques » par rapport à la vie des échecs, aux éditos du site de la Ligue, souvent pour faire le point sur la politique de développement de la Ligue Midi-Pyrénées. Pourtant aujourd’hui je souhaite communiquer et me positionner par rapport à ce qui se dessine, ou pas, pour l’avenir de notre fédération.
Je vais reprendre ici les idées que j’ai abordées lors d’un débat sur les élections lors du dernier CD fédéral.

Avec l’élection de Jean-Claude Moingt à la tête de notre fédération, il y a bientôt deux Olympiades, nous avons vécu un formidable renouvellement de la politique échiquéenne en France. L’espoir était fort puisque Jean-Claude a été élu avec plus de 70% des voix. Il y a eu quelques bégaiements au départ et, si l’on se rappelle bien, quelques tâtonnements pas toujours bien compris.
L’exemple Corse passait pour une bizarrerie et pourtant malgré les spécificités on sentait bien qu’il y avait des choses à faire dans le sens du développement de la politique de masse. Avec pragmatisme, nous avons cherché à aller dans ce sens en Midi-Pyrénées. Les résultats sont là, même si l’on ne peut pas comparer notre essor à celui de l’île de beauté. Sans nul doute, il est possible de faire mieux.
Jean-Claude m’a demandé d’intégrer le CD fédéral pour son deuxième mandat. Je l’ai fait conscient de ma disponibilité limitée mais prêt, comme dans chaque chose que je fais, à m’engager à fond. Le fonctionnement du CD ne m’a pas complètement convaincu, mais au départ il y avait pas mal de préparation des débats, des rencontres intéressantes et j’ai mis en place (mais j’aurais pu faire la même chose sans être au CD) les sites de l’AIDEF et surtout le guide fédéral, puis le site du blitz.
L’affaire de la triche a représenté un véritable coup de poing dans la figure de tous les joueurs d’échecs et un véritable tournant dans la vie échiquéenne en France, et peut-être même dans le monde : les échecs faisaient enfin la Une des journaux télévisés mais, un peu comme dans une ambiance de foot corrompue, c’était parce que des tricheurs avaient été pris quasiment la main dans le sac.
On aurait pu croire que cette affaire allait ruiner les échecs en France, il n’en a rien été. La FFE est apparue grandie. La mesquinerie des tricheurs, leur combat uniquement fondé sur les inexactitudes ou erreurs juridiques et non sur le fond a fini par convaincre la très grande majorité des joueurs d’échecs. Le tournant aura lieu à Aix-les-Bains et je ne crois pas qu’après le championnat d’Europe aucun joueur de haut niveau ait encore eu le moindre doute.
Mais n’aurait-on pu être plus clair ? Aussitôt après avoir été averti du communiqué fédéral, j’avais répondu au CD en disant que je trouvais ce communiqué mauvais. On m’a appelé aussitôt pour me dire qu’on n’avait pas le choix, que de toute façon le communiqué avait été rédigé avec l’aide d’une grande boîte de communication et de notre excellent avocat… et que le communiqué était déjà en ligne. Là, il a été décidé ensuite de prendre un avocat un peu plus efficace et on s’est débarrassé de la boîte de com’ … cherchez l’erreur…
Probablement la morale et le droit finiront bientôt par triompher. Les prochains mois nous le diront.

Un autre moment important pour moi a été le vote pour l’interdiction de faire nulle par consentement mutuel. Ce débat impromptu a certes manqué de préparation et il avait vu l’adoption d’une mesure, la victoire à trois points, abandonnée dès le CD suivant sous la pression d’un texte signé par la totalité des forts joueurs français et que Christian Bauer était venu défendre clairement devant le CD.
Cette mesure contre les nulles par arrangement permet de lutter contre le mauvais esprit qui dénature le jeu, et en soi, pour moi, c’est une mesure qui permet le développement en améliorant la lisibilité de notre jeu. Je dois avouer qu’ayant baigné dans cette ambiance où l’art de proposer nulle au moment où on est moins bien voire quasi perdant faisait partie des rudiments du jeu qu’un débutant se devait de savoir de même que le mat du berger, je dois souvent me faire violence pour jouer des positions où j’ai le sentiment d’être en infériorité. Mais je m’y tiens et les nulles que j’ai eues cette saison étaient toutes de combat.
Une bonne mesure donc et il faut reconnaître à Leo sa ténacité et sa constance sur le sujet ; Il a su me convaincre – et ainsi me faire rompre avec un certain apprentissage vécu dans les clubs - comme il a su convaincre la majorité du CD. Si pour les adultes elle fait encore grincer quelques dents, pour les jeunes elle a fait, dans la foulée du CD fédéral, l’unanimité de notre CD de Midi-Pyrénées.

J’ai beaucoup apprécié le passage d’Henri Carvallo à la tête de la fédé. Un mode de fonctionnement méthodique, sans mettre en avant son ego, à l’écoute de tous et à la recherche continuelle du consensus et de la synthèse. Je regrette beaucoup qu’Henri soit dans l’impossibilité de se représenter et qu’il ne puisse conduire la prochaine équipe à laquelle, conduit par lui, j’aurais adhéré avec plaisir.
Par défaut semble-t-il, Léo a décidé de combler le vide. Pourtant quelque soit les qualités indiscutables de Léo, je ne crois pas que ce soit la meilleure personne à placer à la tête de la fédé. Léo a beaucoup d’idées et surtout, ce qui est rare, une vraie vision pour le développement des échecs en France. Ces idées sont indispensables dans un bureau fédéral, mais je préfèrerais que notre fédé soit menée par une personne qui ait un profil plus rassembleur. Il nous faut continuer l’œuvre novatrice commencée il y a deux Olympiades. Et ceci, nous ne le ferons qu’en rassemblant largement sur ces idées.

Il faut donc trouver un candidat qui ait cette volonté de rassembler ; Il est encore temps, nous avons tout l’été pour bâtir une équipe porteuse de cette volonté de rassembler. Avec Léo et avec d’autres.